Other links |
| [>About Partage] |
| [Objectives] |
| [Proposed activities] |
| [About Mauritius] |
| [<Our sponsors] |
Awards - Trochetia Award 2007
![]() |
(Source: http://lemauricien.com/mauricien/in071231.htm, Trochetia Award 2007-pARTage under 'Actualites') La rédaction du Mauricien décerne le Trochetia 2007 à l'association pARTage. |
Ayant pendant quatre ans créé des événements artistiques autour de la rencontre, de la création et de l'expérimentation, pARTage arrive aujourd'hui à une nouvelle étape. Au-delà de la promotion de l'art, cette initiative d'artistes abolit les frontières de toutes natures, lutte contre les préjugés et contribue à promouvoir à Maurice comme à l'étranger le travail des artistes mauriciens. En novembre 2003, un groupe d'artistes annonçait discrètement la création d'une association pour les arts plastiques. Pas de lien avec le gouvernement, pas de tutelle d'une école ou d'un courant particulier et pas de revendication mises en avant. Loin des " cris plaintifs " comme dit son initiateur, Krishna Luchoomun, pARTage proposait des activités basées sur la rencontre et le travail. Sept mois plus tard, 28 artistes, dont la moitié venus de la région et d'autres continents, montraient au public mauricien le fruit d'un atelier collectif de quinze jours. L'exposition au MGI, comme la journée portes ouvertes à Flic-en-Flac, a démontré au moins une chose : des individualités fortes de cultures et de nationalités différentes, maniant des outils d'expressions différents et développant un langage artistique singulier, peuvent vivre en huis clos ensemble pendant deux semaines, travailler les uns à côté des autres, apprendre à se découvrir et échanger. Et en plus, ils travaillent ! À l'instar de la Hollandaise Nina Rave, de la Britannique Lindsay Seers, de la Sud-Africaine Nirupa Sing, de la Pakistanaise Abid Humaira, du Comorien Ali Mroivili, ils ont présenté des œuvres et des idées nouvelles dans le paysage artistique mauricien.
|
|

Bien sûr, ce premier atelier ne s'est pas fait tout seul. Le réseau du Triangle Arts Trust créé en 1982 par Robert Loder et Toni Caro y était pour quelque chose… Depuis ses études dans l'ex-Union Soviétique, Krishna Luchoomun a gardé l'habitude de se frotter aux artistes d'autres pays, et de toujours jeter un œil au-delà de nos rivages. Plus tard, une fois revenu à Maurice, il a participé aux rencontres de l'association Escale, initiée par un autre voyageur, Manou Soobhany, en Allemagne. Puis en 2000, Krishna Luchoomun s'est rendu à Amsterdam où le dynamisme culturel l'a pour ainsi dire laissé sans voix. " Amsterdam est une ville moins étendue que Londres par exemple, et j'étais vraiment surpris par la quantité impressionnante d'activités artistiques qui y avaient lieu, avec des vernissages tous les jours, de nombreuses résidences d'artistes et aussi une forte présence de l'art dans la ville, dans la rue, partout, dans la vie de tous les jours. Comment faire en sorte que Maurice aille dans ce sens ? Là-bas, on m'a parlé du Triangle Arts Trust et on m'a proposé de rencontrer un jour un de ses fondateurs, Robert Loder, à Londres ", dit-il. Aller de l'avant Robert Loder, venu en 2005 à Maurice, a alors encouragé Krishna Luchoomun à monter un groupe d'artistes sans penser au financement, à aller de l'avant, agir. Krishna Luchoomun parvient à réunir un petit noyau dur d'amis artistes motivés pour lancer l'association et créer des activités ouvertes aux artistes d'ici et d'ailleurs. Elle s'appellerait pARTage et prolongerait dans l'océan Indien la philosophie du Triangle Arts Trust (TAT) qui consiste avant tout à encourager la soif d'apprendre et ses bienfaits chez les artistes. Le TAT est avant tout un réseau aujourd'hui représenté sur tous les continents, qui a mis en contact et concerné plusieurs milliers d'artistes prêts à jouer le jeu de la rencontre au sein d'ateliers d'art internationaux. Une de ses principales motivations est de stimuler des échanges artistiques dans toutes les directions que permettent la géographie, les technologies actuelles et la grande diversité des expressions artistiques… C'est aussi une sorte de label, du moins suffisamment crédible pour donner sa caution sur des projets d'associations auprès de fondations et bailleurs de fonds internationaux. pARTage bénéficie entre autre du parrainage de la Fondation Ford pour sa newsletter et son site Internet. Elle a aussi obtenu l'appui d'autres organisations internationales telles que le British Art Council, le Commonwealth Fund, le Kuona Trust du Kenya, ou encore la Commission de l'océan Indien et l'Union européenne pour certaines activités. Mais surtout, l'association mauricienne n'a pas fléchi depuis le premier atelier en 2004. Réunis alors sous l'intitulé pARTaz, d'autres artistes se sont retrouvés en 2005 selon le même principe sur le thème de l'ARTmoni, puis en 2006 de l'ARTerre, et enfin cette année sous le thème InsulART. Entre-temps, d'autres ateliers ont réuni des artistes mauriciens, l'un pour encourager de nouveaux venus, l'autre pour favoriser le frottement entre les anciens et les nouveaux sur le thème du paysage, etc. Si l'objectif de la démarche consiste à stimuler la création, l'expérimentation et la promotion de l'art à Maurice, il s'agit aussi de le faire connaître à l'extérieur. L'association pARTage a présenté dernièrement les créations de huit artistes mauriciens à la East African Biennale, à Dar es-Salam. Plusieurs de ses membres sont également allés en résidence dans d'autres pays, comme Nalini Treebhoobun au Kenya, Nirmal Hurry en Tanzanie ou encore Avinash Ramsurrun en Afrique du Sud. N'ayant pas trouvé de candidats intéressés, Krishna Luchoomun part cette semaine au Bangladesh, à Dakka, pour un séjour de ce type. " Même si ce pays fait peur, je suis sûr que ça va être intéressant. C'est tout le problème, il faut que les artistes fassent les applications et montent leur dossier ! " Artiste 24 h sur 24… La newsletter, le site Internet qui vient d'être relooké et les liens avec d'autres associations d'artistes font circuler l'information et proposent des activités à travers le monde, autant d'occasions pour sortir de l'isolement, celui de l'artiste le plus souvent solitaire dans sa création, et celui aussi de l'insulaire mauricien relativement éloigné des grands centres d'activités culturelles. pARTage a aussi reçu des artistes en résidence, dans sa maison-studio toute colorée de Flic-en-Flac, tels que Ronald M'Pindi d'Ouganda, Mélanie Jackson du Royaume-Uni, Rudolf Tschie d'Afrique du Sud, ou Thisath Thoradeniya du Sri Lanka. " La plupart du temps, les artistes n'ont pas un statut permanent d'artiste. Ils font un autre métier, ils enseignent et puis ils sont happés comme tout le monde par le quotidien. Ce genre de résidence ou ces ateliers de travail leur permettent alors de consacrer tout leur temps, sur une période donnée, à la création. À ce moment-là, ils sont artistes à part entière 24 heures sur 24. C'est très important dans la vie d'un artiste. " pARTage a aussi mis en lien et même suscité de nouvelles initiatives. Ali Mroivili a d'ores et déjà trouvé un lieu pour créer une association similaire aux Comores. Abid Humaira du Pakistan est allée pour la première fois exposer en Inde, grâce aux contacts qu'elle a établi avec Rao Raghavendra et Aggarrwal Shivani dans ce pays. Elle les a également accueillis dans son propre pays. Elle a même parlé de l'impact de l'atelier de pARTage sur son travail lors d'une autre exposition qu'elle a pu faire aux États-Unis. Certains artistes participant aux ateliers de pARTage ont pu pour la première fois sortir de leur pays. Ces quelques exemples concrets ne doivent pas masquer la part cachée de cette vitale confrontation aux autres formes de création et de culture. " On ne peut pas voir tout de suite ce qu'une rencontre peut apporter, note Krisna Luchoomun. C'est un travail qui agit dans le temps, c'est un travail sous-terrain… Et puis il ne faut pas oublier aussi ce que la rencontre avec le public peut apporter. " Pour l'avenir de pARTage, Krishna Luchoomun souhaite que les liens se renforcent entre les îles de la région, tant l'atelier InsulART qui a réuni cette année des artistes des îles a bien marché. " Nous voulons aussi nous rapprocher du continent africain, qui est très dynamique. Nous souhaitons aussi lancer un concours de peinture ouvert aux enfants des écoles primaires et secondaires et peut-être devrions-nous développer les interactions avec le public. " Krishna Luchoomun poursuit son rêve de décloisonner l'art, au-delà des " petites cliques " et même au-delà des disciplines. " Les musiciens, les comédiens, les peintres, les danseurs devraient travailler davantage ensemble, se rencontrer et s'enrichir les uns les autres bien davantage… " |